La parentalité douce, expliquée aux gens normaux. (billet 3)

En éducation, et peut-être même dans la vie en général, le contexte est le vecteur le plus puissant de succès.
Je présente donc ici, par ordre de puissance, les contextes les plus appropriés pour l’apprentissage.
Il y a peu de chance que ce soit exhaustif, mais c’est ce qui marche le mieux d’après mon expérience.

Essayons de vous faire gagner du temps

Voici mon classement des attitudes parentales (il est tout à fait possible qu’il soit calquable à bien d’autres types de relations):

1. Avancer dans un but commun

Le top du top, c’est quand l’enfant et vous avez un but partagé.

Parfois vous ferez pas mal de choses à sa place (comme quand mon fils a voulu faire des vidéos sur Youtube à 11 ans), d’autres fois vous serez simplement présent pour qu’il soit en confiance (le regarder à ses premiers entrainements de sport, par exemple).

2. Ne pas intervenir

De mon expérience, c’est mieux que:

  • une intervention orientée vers un but qui n’est pas celui de l’enfant
  • une intervention maladroite (réprimande, culpabilisation, “tu aurais du …”, …)

Les meilleurs parents “doux” interviennent peu, et principalement sur demande des enfants (preuve de confiance).

Quand vous ne savez pas quoi faire: laissez-le en paix.
Une seule exception: quand l’enfant demande votre aide.

Le signe qui vous montrera que vous commencez à avoir le truc: l’envie de dire “Mais f**tez lui la paix” lorsque d’autres parents moins affutés interviennent pauvrement autour de vous ;-)

En outre, si vous arrivez à fonctionner majoritairement dans le mode 1 (ci-dessus), l’autonomie que l’enfant aura déjà acquise sera souvent un meilleur professeur que vous.

Ce principe est libérateur pour les parents: vous intervenez beaucoup moins, pour un meilleur résultat.
Bien évidemment, pour beaucoup d’enfants, la friction avec le système scolaire dans sa forme actuelle peut poser problème. Si tel est le cas, n’hésitez pas à envisager une scolarité alternative.

3. Carotte et/ou bâton

Qu’on fonctionne à la récompense ou à la punition, l’un comme l’autre sont des techniques de manipulation pour mettre l’enfant où il n’a pas choisi d’être.

La punition est à proscrire, car la culpabilité est un poison qui ne fait que retarder et renforcer l’attitude punie.
On peut bien entendu séparer physiquement des enfants qui se battent trop fort, mais ce doit être une logique de protection explicite, aucunement une punition.
De même, quand vous voulez expliquer votre intervention physique à un enfant que vous venez juste d’empêcher de traverser la rue devant un véhicule en marche, utilisez le “je”, et expliquez bien que la cause de votre nervosité est la peur de le perdre, pas son geste involontaire.

La récompense peut être un substitut temporaire au but commun, en particulier pour les enfants plus jeunes (l’âge charnière approximatif semble être 7 ans). L’innocence de l’enfant et la récompense permettent de créer un jeu à partir de n’importe quel apprentissage. Je vous suggère quand même de faire attention à ce que vous leur apprenez de la sorte, on peut réèllement leur apprendre n’importe quoi, y compris la cruauté et la compétition à outrance (voir certains jeux vidéos, certaines écoles, et certains clubs de sport).

Notez que la récompense peut faciliter un apprentissage qui évolue déjà dans un contexte de but commun. Bien que cela paraisse une bonne chose, il semble que cela crée une sorte d’addiction à l’apprentissage par le jeu, qui peut poser problème quand l’enfant devient difficile à intéresser. L’exemple des jeux vidéos est sans doute le plus parlant.
A ce moment, je ne suis pas en mesure de juger si c’est globalement bénéfique ou non.

4. Force pure

Tout comme la punition, elle est à proscrire dans un but d’apprentissage. Ce n’est pas tant parce qu’elle est “mauvaise” que parce qu’elle est simplement contre-productive:
A tout âge, un cerveau sous stress n’a pas ou peu accès aux circuits de la pensée rationnelle. Il est court-circuité par le cerveau reptilien, qui n’a que 3 modes de fonctionnement connus: la fuite, l’attaque, ou le figement (observez un enfant sous réprimande, et vous verrez que c’est vrai).

Outre une introduction, se renseigner sur les grandes lignes des neurosciences est une bonne aide dans la parentalité, et dans tous types de relations.
Avec de l’entraînement, certains adultes arrivent à fonctionner correctement sous stress, mais y sont toujours moins bon qu’en “régime normal”, du moins à long terme.

Ceci dit, la force peut être utilisée dans un but de protection.
Ca à l’air simple, ça ne l’est pas: la distinction entre protection nécessaire et intervention prématurée est très floue. Les parents qui ont des frères et soeurs qui se battent comprennent sans doute de quoi je parle ;-)
Dans le cas des disputes, je n’ai pas encore trouvé mieux que de demander “On joue ou on dispute, là ?”. Régulièrement, j’entend deux “On joue !”, et je n’interviens pas. Ca peut évidemment déraper un plus tard, mais une intervention maladroite a été évitée.

Voilà, j’espère avoir été utile. N’hésitez pas à commenter et/ou questionner ci-dessous :-)

La parentalité douce, expliquée aux gens normaux. (billet 2)

Dans le billet précédent sur ce sujet, j’avais tenté de définir la parentalité “douce”.
Vous vous souviendrez peut-être qu’il s’agit plus d’un mot choisi en contraste avec la parentalité classique. Il ne s’agit pas d’être “doux” en toutes circonstances, ce qui serait aussi sans danger que de mettre tous son poids sur le couvercle d’une casserolle qui bout sur le feu pour éviter le moindre dégagement de vapeur.

Concrètement, c’est quoi ?

Pour moi, à la base, ce sont une série de principes.
Ensuite, il est assez simple d’élaborer ou de glâner des comportements adaptés.

Mes principes de base

  • Les enfants me sont prêtés le temps de leur croissance

Un jour, ils partiront, me laissant plus de temps pour moi, et feront un chemin probablement très différent du mien.
De toute évidence (mais c’est bon de le rappeler), il n’y a pas de relation d’appartenance, juste des opportunités de transmettre ce que j’ai d’utile, mais aussi de revoir les choses (idées, croyances, habitudes, …) qui ne me sont pas utiles.
En attendant, la chose la plus intelligente est de les inspirer à vouloir des compétences et attitudes bénéfiques dans leur parcours, et de les aider à les acquérir. Le tout est d’arriver à choisir ces compétences et attitudes. Le plus simple et le plus gai est de suivre leur propres aspirations, et d’en faire un jeu.

  • Je ne détient pas la vérité, et ma perception est limitée

J’essaie au maximum de ponctuer mes propos avec mes enfants de : “Selon mon expérience, cela se passe comme ça …”, “Le meilleur moyen que j’ai trouvé est …”, “J’ai lu dans ce livre que …”. Quand ils grandissent (à partir de 10 ans environ), je les invite à raisonner en terme de buts avec des “Si l’objectif est de , et vu que , il semble que soit suffisament efficace.”
Ils sont ainsi bien au courant que je reste un être en recherche, et seront moins choqués quand ils se rendront compte que les figures d’autorités héritées (professeurs, ministres, juges, …) le sont aussi.

  • C’est seulement quand il ne formulent pas un but que je décide à leur place

Bien évidemment, dans la mesure de ce que leur niveau de croissance permet, je les consulte au maximum. Cela dépend aussi de mes propres possibilités.
Ainsi, si j’avais besoin de moins de temps pour faire “bouillir la marmite”, je les aurait certainement engagé dans une forme d’éducation alternative. Peut-être à domicile, ou en école à pédagogie alternative.
Pour cela, vu leur bas âge, je ne les aurais pas consultés.

Quelques attitudes qui en découlent

Quelques exemples:

Le manteau

Le but du jeu consiste à éviter que l’enfant aie froid durant sa journée d’école. J’éviterai le sujet épineux de la mythologie autour du port du manteau, avec son cortège de croyances populaires (exemple: froid = malade?).

Donc, je leur dit combien de degré il fait dehors. Même si cette information n’a pas beaucoup de sens au début, ils se forgent leur expérience, et affûtent même leur jugement avec une observation de l’extérieur qui prend en compte le vent, le brouillard, …
Pour eux, c’est un jeu, et ça devient automatique en grandissant.
Quand ils décident de ne pas se couvrir malgré un temps manifestement froid, je leur fait part de mon doute, tout en précisant que ce n’est pas moi qui décide s’ils ont froid: c’est eux qui le sentent. Je propose souvent de prendre le manteau dans la voiture et de décider plus tard d’ils le mettent.
S’ils s’obstinent malgré un temps froid ou pluvieux, ma dernière cartouche est de jouer l’honnêteté et dire “J’ai peur que tu aies froid.”, ce qui est nettement plus pédagogue qu’un “Tu vas avoir froid” (prophétie), un “Tu le met et c’est tout” (et hop, un cycle de manipulation, voire de rapport de force), ou une autre technique malheureusement classique. S’il refuse encore, je reprend le manteau avec moi, et ne lui ferai AUCUN reproche plus tard, même s’il me dit qu’il a eu froid: je lui fais confiance pour tirer les conclusions par lui-même.

Jusque là, je n’ai eu aucun problème avec le sujet du manteau, et j’ai même découvert que l’excès de couverture créé la frilosité.
Après quelques ajustements, j’ai remarqué qu’ils sont nettement moins frileux que moi. Comme j’étais plutôt comme eux en étant jeune, je soupconne mon mode de vie sédentaire d’avoir rendu mon corps un peu “fainéant” sur la régulation thermique.

Quand je m’énerve

Evitez de contenir votre colère, elle est seulement un signe que votre perception détecte une situation identifiée comme menaçante. Pour faire très court: supprimer sa colère rend malade, aussi bien les adultes que les enfants. On peut en revanche choisir comment l’exprimer. La “vertu” de supprimer sa colère est encore une chose hautement délétère léguée par l’éducation classique :-/
Evitez donc au maximum les “Calme-toi!” ou les “Arrête de pleurer!”, vos enfants risquent de s’habituer à supprimer leurs sentiments. Et non, ça n’en fera pas des adultes pleunichards ou colériques.

La gestion de la colère est une compétence qui ne s’explique pas en quelques lignes. Voici un article qui semble plutôt bon.
Gad Elmaleh imite très bien le père qui continue d’essayer de supprimer sa colère, même pendant qu’elle éclate ;-)

Avec mes enfants, quand je m’énerve, j’explique toujours quelles étincelles ont mis le feu.
Attention, il est très important de ne jamais accuser, mais seulement de décrire le déclencheur, les réactions, les sentiments. 9 fois sur 10, faire des phrases à la première personne permet d’atteindre ce but, tout en déchargeant l’état de colère:

  • “Quand je te vois frapper ta soeur, ça me met en colère parce que je n’arrive pas à trouver de moyen pacifique de protéger ta soeur sans m’en prendre à toi, que je veux aussi protéger.”
  • “Je vois au moins 5 vêtement qui traînent dans le salon, quand il y a trop de choses en désordre, je voudrais les ranger, mais si je fais ça, je n’ai plus le temps de préparer à manger, …”
    Parfois, cela verse un peu dans la complainte, mais ils savent qu’ils peuvent faire la même chose, et apprennent par mimétisme une compétence essentielle: verbaliser leurs états internes et émotions. Cette compétence est le premier pas dans la capacité à se changer soi-même.
    Utiliser le “je” génère très rarement une réaction de défense. Parfois, cela génère même une question utile de l’enfant. Par exemple, si l’enfant dit “mais qu’est-ce que je peux y faire ?”, on est typiquement dans une situation où on demande à l’enfant quelque chose qu’il n’est pas en mesure de faire, parfois parce qu’il est simplement trop jeune. Rien ne sert donc d’insister quotidiennement.

Ce ne sont là que des exemples qui ne reflètent que partiellement tout les “trucs” que j’ai appris en m’écartant de l’éducation par la force. J’en ai plein d’autres en stock, mais ce billet doit quand même rester digeste ;-)
Dans le billet suivant, je décrirai l’ordre de préférence des contextes d’apprentissages. C’est à dire quelle atmosphère est la plus propice à une relation agréable et propice à la croissance (pas seulement de l’enfant).

Le contexte requis pour faire réussir TOUS vos projets informatiques

Ha ! Enfin la solution miracle que tous le monde attendait !

Je rigole, ce n’est évidemment pas si simple que dans le titre de l’article, mais ce que je vais résumer ici va bel et bien vous garantir un résultat nouveau et positif.

Pour vous mettre en appétit: vous devez changer le contexte. Les appels d’offres, cahiers de charges, négociations de contrat, astreintes, et autres méthodes héritées du moyen âge vont enfin retourner dans les livres d’histoire.

Contexte … de ce billet

Pour que ce billet éveille ce que j’ambitionne d’éveiller, je vous demande:

  • De laisser tous les contre-arguments qui vous viennent pendant la lecture passer dans votre esprit, les remarquer et attendre de voir si la suite du billet y répond.
  • De chercher ici quelque chose de nouveau, pas le blabla habituel de la gestion de projet informatique classique. Méfiez-vous donc de chaque mot dont vous pensez connaître LA définition.
  • De vous ouvrir à la possibilité que vous n’ayez jamais été exposé(e) à une méthode qui permet de réussir TOUS vos projets informatiques.

Merci :-)

Ce qui empêche le succès à répétition

Bien évidemment, une communication efficace, des bons techniciens, un contrat clair, et des objectifs établis sont requis. Mais on sait déjà le faire, pas vrai ?

Ce qu’il faut, c’est de la tranquilité d’esprit.

C’est tout.

C’est donc bien une question de contexte: Tout travail intellectuel et/ou créatif est freiné par un état de stress. J’enfonce une porte à moitié ouverte: beaucoup de gens dans le monde du travail se rendent compte de ce fait.

En cherchant à étayer mon propos, j’ai retrouvé cette vidéo de Jean-Luc Roux (4’40). Elle est juste parfaite, je considère que vous l’avez regardée avant de continuer la lecture.

Il semble pourtant que malgré cette prise de conscience, beaucoup de projets informatiques finissent en panique totale.
Le symptôme le plus courant: des phases de stabilisation à rallonge, avec des bugs qui s’empilent, et dont la correction génère souvent d’autres bugs.

Je vous fait grâce des multiples autres symptômes, et du travail d’enquête que j’ai mené, pour aller directement à la conclusion: le type de contrat entre demandeur de service informatique et prestataire est inadéquat.

Quel contrat est adéquat ?

Un contrat qui apaise durablement les financiers des prestataires et du demandeur de service informatique est la seule formule qui peut débloquer la situation.

J’assume totalement: la seule formule.

En effet, qu’on se trouve d’un côté ou de l’autre (et je l’ai été), ce sont toujours les financiers qui introduisent la panique. C’est tout simplement parce que leur responsabilité est énorme: une entreprise déficitaire finit en faillite.
Et comme les enjeux financiers de projets informatiques sont quasi toujours grands par rapport aux capacités financières d’au moins une des deux parties, un financier tire la sonnette d’alarme tôt ou tard.

De toute évidence, il leur faut plus de visibilité sur l’avancement des projets, et de plus fréquentes opportunités de les réorienter, les réévaluer ou les stopper sans perdre tout ce qui y a été investi.
Je pense que s’ils ont cela, ils seront plus tranquilles, et n’interféreront pas outre mesure dans les projets.

Il est actuellement possible d’appliquer des principes traditionnellement appliqués au startups à toutes les autres entreprises: réduction des risques.
Cela se fait de plusieurs façons, par exemple:

  • Valider rapidement une hypothèse (sur la demande du marché, une faisabilité technique, un prix de vente optimal, …) avant d’aller plus loin
  • Lancer un outil par petites parties, et récolter le feedback utile à l’évolution suivante de l’outil
  • Automatiser ce qui est automatisable, pour raccourcir le temps et le coût de mise en oeuvre des évolutions du produits
    *…

L’application de ces techniques est tout à fait indiquée lors de l’élaboration d’un contrat demandeur/prestataire.
Ce contrat sera nettement plus léger, puisqu’il ne décrira que les impacts désirés et mesurables du demandeur. Il sera probablement sujet à de multiples avenants qui épouseront les période de mise en oeuvre de chaque évolution du produit.

Il me faut briser certains mythe avant d’aller plus loin.

Les mythes

Un projet informatique, c’est comme créer une maison

cahier de charge - architecture - suivi de chantier
C’est très maladroit: 9 fois sur 10, un site web est substanciellement différent quand il est mis en ligne que ce qu’avait imaginé le demandeur et le prestataire au début de la mise en oeuvre.
Je ne dit pas qu’il n’y a pas des parallèles entre la construction et l’informatique, mais le processus global est complétement différent.
Il y a des exceptions: les webshops, les outils de webmarketing, les site de TPE purement vitrines, … Ce n’est pas de cela que je parle, mais bien de projets où il y a une expérience d’utilisation spécifique et de la programmation de fonctionnalités uniques au demandeur de services informatiques.
La verité, c’est qu’un projet informatique est un processus créatif qui demande des ajustements en cours de route, à tous les niveaux. Tous les processus créatifs à échelle moyenne ou grande ont des phases itératives et des dates de fin flottantes (aéronautique, pharmacologie, automobile, …).

Il faut absolument qu’on termine à telle date, ajoutez des techniciens s’il le faut.

Ce sont des projets qui ont toujours une complexité suffisante pour qu’il faille plusieurs semaines avant qu’un nouveau membre dans l’équipe devienne autonome. Durant cette période, le laisser sans accompagnement d’un membre existant (dont la disponibilité est déjà compromise) est un risque stupide: il va faire systématiquement une partie des choses que l’équipe a déjà identifié comme inadéquate.
Le seul levier qui marche à court terme, c’est d’enlever des fonctionnalités moins essentielles de celles qui restent à accomplir. Tout autre manoeuvre aura des effets secondaires indésirables quasi immédiats, en plus de l’argent qu’elle coûte, qu’on ne justifiera par la suite que par l’état d’urgence - maigre consolation quand le budget est parti en fumée.

Mettons leur la pression, ils iront plus vite.

C’est TRES dangereux pour le projet. Même si certains sont capables d’avoir un comportement plus ou moins rationnel, même sous pression, la plupart des gens échappent à cet état inconfortable en poussant la poussière sous les meubles. Ceux qui sont encore là quand le château de carte s’écroule n’ont plus que leurs yeux pour pleurer, leur weekends pour repasser derrière les moins résistants au stress, et leur oreilles pour entendre les sentences des financiers qui tentent de sauver les organes avant d’éteindre le respirateur…

J’ai assez peu détaillé mes raisonnements jusqu’ici, si vous avez des questions, je vous invite à commenter le billet en bas de cette page.

L’exemple qui explique tout

Objectifs mesurables

Voici un exemple fictif de contrat entre l’entreprise D qui veut un site web, et l’entreprise F qui fait des sites web élaborés:

Le contrat décrit d’abords les impacts désirés, et une prévision de leur mesure 6 mois, 1 an, 2ans et 4 ans après la signature du contrat. Dans notre exemple:
Total de la marge sur les ventes en ligne: aujourd’hui: 500.000€ par mois, 510.000 dans 6 mois, 600.000 dans 1 ans, 800.000 dans 2 ans, 100.000 dans 4 ans.
Restons simple, et gardons ce seul objectif, qui tient quand même compte aussi bien du chiffre d’affaire que des coûts de fonctionnement, puisqu’on parle bien de marge. Ces chiffres sont mesurables, et continueront à être mesurés, s’ils ne figurent pas déjà tels quels dans les bilans comptables de l’entreprise D. Transparence totale, donc.

Mutualisation des bénéfices et des risques

Admettons que l’entreprise F est déjà sélectionnée, vu que le processus de sélection de fournisseur n’est pas ce qui m’intéresse dans ce billet.
Elle va examiner le projet de l’entreprise D, et déterminer si les hypothèses tiennent la route, éventuellement en posant des questions à l’entreprise D, qui tentera de défendre son dossier.

C’est déjà novateur en soi: on passe d’une relation client-fournisseur à une recherche de partenaire.
Ensuite, les entreprises conviennent de la clé de répartition des bénéfices du projet: l’entreprise D prendra 20% des marges aù-delà de 400.000€ par mois. Ce qui, si les prévisions sont accomplies, fait environ 24.000€ la première année, 48.000 la seconde, et 72.000 les deux dernières années. Donc 216.000 en tout.
Les deux entreprises ont donc une idée précise de ce que leur partenaire est prêt à investir pour accomplir l’objectif, et elles y croient toutes les deux puisqu’elle ont mutualisé les bénéfices et risques du projet.
L’entreprise F a un incitant financier à dépasser les attentes, et peut viser autant une augmentation de revenus de l’entreprise D qu’une diminution de ses coûts.
L’entreprise D consentira plus facilement à dégager les resources nécessaires pour répondre aux questions de l’entreprise F, puisque le contexte est celui d’un gain mutuel.

Si l’entreprise F est plus jeune et a besoin d’un fond de roulement, elle peut négocier avec l’entreprise D de facturer une somme mensuelle minimale, déduite de ses parts sur les futures marges.
Toutes autres sortes d’aménagements peuvent être trouvés, dont des clauses de sortie jugées équitables par les deux parties, mais le contexte a complètement changé.

Au lieu d’avoir un fournisseur qui exécute un cahier de charge, l’entreprise D a un partenaire qui a tout intérêt à comprendre le fonctionnement de son client, et lui proposer des opportunités suggérées par la compétence technique de l’entreprise D.

Développement itératif

Couplons cela à du développement itératif, qui élabore un produit par mutation successives façonnées par le feedback des utilisateurs, et on obtient:

  • la diminution de risque propre aux startups
  • une transparence plus grande, notamment pour les financiers
  • la créativité des techniciens des deux entreprises alignée vers un but défini et mesurable
  • un climat de travail plus serein pour tout le monde
  • nettement moins d’énergie en analyse, puisqu’on travaille sur des évolutions successives rapides

Quand je revi dans ma tête les projets auxquels j’ai participé avec ce contexte différent, il me semble que les choses auraient pris une tournure totalement différente, et ce très tôt dans le processus de développement.

J’ai oblitéré pas mal de choses dans le billet pour le garder assez court, et ça m’intéresserait de savoir quelle questions, réactions, sentiments vous viennent à sa lecture.

La parentalité douce, expliquée aux gens normaux. (billet 1)

Parentalité ou éducation douce, bienveillante, Steiner, Montessori, … Tous ces jeunes acronymes qui définissent des approches différentes de comportement avec nos enfants peuvent être intriguants.
J’expliquerai dans ces billets ce qui guide mon comportement avec mes enfants. Cela inclut des engagements choisis, mais aussi des réactions non maîtrisées de ma part.
J’aborderai notamment des définitions des concepts d’éducation, la carotte, le bâton, l’inspiration. J’énumèrerai des obstacles auxquels je suis confronté, et quelques solutions.

Il s’avère que je suis intarissable sur le sujet, j’en ferai donc plusieurs billets

Ne vous offusquez pas du titre de ce billet: “gens normaux” est plutôt à prendre au sens de “gens qui ont cliqué sur le lien parce que la parentalité douce les interpelle”.

Billet 1: Pourquoi être un parent “doux”

Réponse courte: parce que c’est chouette à vivre et que ça fait des enfants heureux, même quand vous ne serez plus là.

Autre réponse…

Pourquoi devenir parent tout court ?

Il y a pleins de réponses qui sont autant d’arguments pour devenir parent. J’en décèle de 2 grandes catégories:

  • Ceux qui bénéficient le parent:

    • casser le train-train quotidien
    • avoir quelqu’un qui tient à nous
    • avoir quelqu’un à qui on tient
    • côtoyer quelqu’un qui nous ressemble
    • avoir quelqu’un pour s’occuper de moi quand je serai vieux
  • Ceux qui bénéficient l’enfant:

    • il y a tant d’enfants malheureux, le mien sera heureux
    • il aura une meilleure éducation que moi (ou une aussi bonne, dépendant de la relation du parent à sa propre éducation)
    • j’aime les enfants, il se sentira aimé

Sans vouloir juger ces motivations, il est clair qu’avoir un ou plusieurs enfants peut avoir de multiples avantages pour les parents, et de même les parents ont la capacité d’aider les enfants à devenir des adultes heureux et brillants à leur manière.

Pièges

Ceci dit, peut-être voyez-vous certains pièges dans ces énumerations, tels que:

  • Considérer que l’enfant a de la chance de m’avoir comme parent
    Ce peut être vrai, mais j’en vois pas mal nourrir leur ego avec ce genre d’idée sans jamais remettre quoi que ce soit en question. Or, avoir un enfant m’a constamment obligé à revoir mes positions (jusqu’à en abandonner la plupart) pour continuer à être un vrai accompagnateur de sa croissance plutôt qu’un tuteur vers une version de lui-même potentiellement contre-nature.
  • Faire un enfant qui changera ma vie dans la direction que je veux
    Le fameux enfant qui donne un sens à la vie, ou un nouvel élan au couple. Ca marche parfois, mais je pense que ce n’est pas un contexte positif pour décider de devenir parent: réglez d’abords les problèmes personnels que vous vous connaissez avant d’impliquer une âme innocente là-dedans.
    En outre, le scénario catastrophe est celui de l’enfant sensé correspondre aux images idéales des 2 parents, situation qui peut se prolonger aù-delà de l’éventuel divorce des parents.
  • Avoir une ou plusieurs images idéales de l’enfant, en terme de compétences ou de parcours
    Je crains que faire un enfant à son image reste l’apanage d’un dieu. Encore une fois, ça peut marcher, mais l’enfant ne saura pas distinguer avant longtemps (ou même jamais) ce qui lui vient de traits innés et ce qui est entré dans son univers par intervention de ses parents. N’oublions quand même pas que ce qu’on appelle “le caractère” n’est qu’un ensemble de limitations inculquées par ce qu’on appelle l’éducation, mais qui est traditionellement de l’élevage. Ne pas définir de “caractère” à un individu en croissance, c’est lui laisser un maximum de portes ouvertes.
    Or, l’éducation vise le bonheur et l’autonomie, là où ce que j’appelle l’élevage fabrique des travailleurs/consommateurs obéissants. Je vous laisse juger de quel côté “l’éducation” nationale se trouve, et vous encourage à exporer des alternatives.

Tout ceci pour conclure: soyez bien au fait de toutes les raisons qui vous poussent à devenir parent. Celles qui sont malsaines se révèleront d’elles-mêmes, et elle seront plus facile à dissoudre si vous les avez identifiées.
Soyez certain qu’une fois l’enfant né, d’autres motivations positives apparaîtront en route :-)

Parent “doux” ?

On y vient, pourquoi être un parent “doux”?

Ben je dirais que c’est un peu comme “pourquoi manger bio”: dans un monde où la médiocrité est prédominante, le premier pas est d’utiliser un mot pour distinguer l’alternative au status quo.
Donc, même s’il pourrait paraître plus logique que ce soit la nourriture polluée et/ou pauvre en matières nutritives qui soit étiquettée de manière spécifique, le “bio” permet de commencer le travail de transition.

Pour la parentalité, c’est comparable: après des générations de formattage des enfants à un monde de travail abrutissant, un certain nombre de parents n’ont plus peur de se reconnaître comme en recherche de tout autre chose.
Avec les pionniers dans ce domaine, ils ont donc créé un vocabulaire pour pouvoir transmettre et faire évoluer la discipline.

Vous avez compris qu’il ne faut pas attendre de moi de compromis avec les pratiques basées sur la force et la manipulation, et j’espère vous inspirer à explorer plus avant la parentalité douce dans ce billet et les suivants.

Dans le billet suivant, j’exposerai les principes qui guident mon comportement de parent, et les attitudes qui en découlent

Bloguer léger avec Hexo et Markdown

Ca fait un moment que la nécessité se fait sentir chez moi de partager mes élucubrations autour de NodeJS, AngularJS et MongoDB (ma pile de programmation de site web préférée du moment).

Dans le cadre de mon projet Dealbee, ça ne peut littéralement plus attendre, et dans la foulée, autant mettre sur pied le blog perso qui manque à mon activité.

Quoi de plus logique qu’un premier billet sur … comment j’ai choisi mes technos de blogging.

Voici donc Hexo et Markdown, les composants de base de mes blogs. Vous verrez que contre une courbe d’apprentissage plutôt réduite (pour un programmeur web, du moins), j’ai pu mettre rapidement en place plusieurs blogs qui sont particulièrement simples à héberger.

Mes besoins

  • Pour Dealbee, mon hébergement a un espace limité à 1GB, et il 650MB sont d’office occupé par le code et la base de données. Donc le blog doit être sobre en espace de stockage. Au passage, compliments à Openshift pour offrir cet hébergement gratuitement.
  • Il doit être possible (et facile) d’intégrer le blog de Dealbee au site existant, sous https://www.dealbee.net/blog
  • Pour mon blog technique, je ne veux pas utiliser d’autre techno, donc la solution de blogging sera la même pour les 2 blogs.
  • J’ai une énorme préférence pour les choses simples.

Ne conviennent pas:

  • Joomla, Worpress, Umbraco, … Trop complexes à mettre en oeuvre. C’est un peu le bazooka pour tuer la mouche…
  • Ghost, un CMS basé sur NodeJS, affiché minimaliste, mais qui occupe quand même 150MB à vide, un peu trop pour mon hébergement Dealbee

On a un gagnant: Markdown

C’est une syntaxe qui permet de taper rapidement du contenu HTML.
Mardown n’est pas aussi riche qu’HTML, et ce n’est pas le but: juste de quoi écrire des articles (texte, mise en forme basique, images, liens, …)

En fait, je l’utilise déjà pour taper le présent texte :-)

La prise en main est quasi immédiate (une petite heure de lecture)

Pourquoi Hexo ?

Il ne manque pas d’outils de blogging léger (exemples).

Hexo a retenu mon attention car il permet de génerer un blog. Il y a donc une partie à installer (et sauvegarder !) sur mon ordinateur, qui permet de créer les articles, choisir un thème, et (re)générer le blog.
Le blog ainsi généré ne contient que des fichiers de contenu, de mise en forme et d’effet dynamique pour les pages. Autant dire une poussière pour mon espace d’hébergement limité.

Hexo n’est pas le seul a fonctionner de la sorte, mais le facteur décisif à été qu’il est basé sur NodeJS, un moteur d’éxécution de Javascript que je connaît bien. Ce n’est pas en soi un critère décisif, mais c’est celui qui a départagé Hexo des autres.

Ceci dit, Hexo impose d’utiliser des outils hautement geekesques, comme une bonne vieille ligne de commande. Voyez par vous-même. En tant que programmeur, ça m’attire plus que ça ne me repousse ;-)

Je vais même pouvoir maintenir mon blog dans mon repo Github !

Et vous, comment bloguez-vous ?